Cette locution paraît simple, mais elle fait hésiter dès qu’il faut l’écrire proprement ou la placer au bon endroit dans une phrase. Je fais ici le point sur son sens réel, la raison du pluriel, les erreurs les plus fréquentes et les tournures à choisir quand on veut un français plus net. C’est un détail de langue, mais il change vite la crédibilité d’un texte.
Les points à garder en tête avant d’écrire cette locution
- La forme correcte est entre autres, avec un s à autres.
- Le sens est celui de parmi d’autres, ou parfois notamment.
- La version au singulier est une faute, tout comme la forme avec trait d’union.
- Dans un texte soigné, entre autres choses, notamment ou par exemple peuvent être plus précis.
- La tournure et autres ne s’emploie pas de la même manière et demande un mot générique après la liste.
Ce que signifie vraiment cette locution
Dans son usage le plus courant, entre autres veut dire parmi d’autres éléments. On l’emploie quand on cite un exemple, un élément ou une personne sans prétendre faire une liste complète. Autrement dit, la locution ouvre la phrase vers un ensemble plus large au lieu de fermer l’idée.
Je la rapproche souvent de notamment ou, selon le contexte, de par exemple, mais les nuances ne sont pas tout à fait les mêmes. Entre autres insiste sur le fait qu’un élément n’est qu’un cas parmi d’autres ; par exemple sert surtout à illustrer ; notamment met davantage un élément en relief. Cette différence compte, surtout à l’écrit, parce qu’elle évite les formulations trop vagues.
On peut donc écrire : « J’ai travaillé sur plusieurs sujets, entre autres la culture numérique et la lecture publique. » Ici, je ne donne pas toute la liste, je signale seulement deux points parmi d’autres. C’est une nuance discrète, mais très utile pour garder une phrase souple et précise. Avant de regarder l’orthographe, il faut donc surtout comprendre cette logique d’ensemble.
Pourquoi le mot prend un s
La forme correcte est au pluriel parce qu’elle sous-entend entre autres choses ou entre autres personnes. Le mot ne désigne pas un seul élément isolé, mais un élément extrait d’un groupe plus large. C’est ce pluriel implicite qui justifie le s de autres.
Je retiens une règle très simple : si l’idée est « parmi plusieurs », le pluriel s’impose. La préposition entre, elle, ne varie pas. On n’écrit donc ni une forme singulière, ni une forme soudée, ni une version avec trait d’union.
| Forme | Statut | Pourquoi |
|---|---|---|
| entre autres | Correct | La locution renvoie à plusieurs éléments sous-entendus. |
| entre autre | Incorrect | Le singulier contredit le sens de la formule. |
| entre-autres | Incorrect | On ne met pas de trait d’union dans cette expression. |
Ce petit tableau résume l’essentiel, mais l’usage réel dépend aussi de la place de la locution dans la phrase. C’est justement là que les hésitations deviennent les plus visibles.

Comment l’insérer naturellement dans une phrase
La locution se glisse souvent en incise, au milieu d’une énumération ou après un groupe de mots qu’elle complète. Dans ces cas-là, la virgule aide souvent à garder un rythme clair, sans alourdir la phrase. Je conseille de la lire à voix haute : si la phrase accroche, c’est souvent qu’elle est trop chargée ou que l’expression n’est pas au bon endroit.
- J’ai étudié plusieurs domaines, entre autres la sociologie, l’école et les usages numériques.
- La ministre a évoqué, entre autres, le logement, l’emploi et la formation.
- Martin, entre autres, a été cité pour illustrer le problème.
Ce qui compte ici, ce n’est pas seulement la grammaire, mais la lisibilité. Une bonne phrase ne répète pas inutilement ce que le lecteur comprend déjà. Si l’expression sert juste à combler un vide, je préfère la remplacer par une tournure plus directe.
Dans un texte journalistique ou argumentatif, je trouve aussi que la locution fonctionne mieux quand elle introduit un élément réellement secondaire. Si l’exemple est central, il vaut mieux le nommer franchement. Cette discipline évite les phrases floues et prépare bien la distinction avec les autres tournures proches.
Les erreurs qui donnent une impression de texte bâclé
La faute la plus visible reste évidemment la version au singulier. Elle saute aux yeux dans un article, une note professionnelle ou une copie d’examen, parce qu’elle casse une règle simple. Mais il y a d’autres maladresses plus discrètes, et ce sont souvent celles-là qui donnent un style un peu poussif.
- Employer la locution comme un remplissage vague, alors qu’un mot plus précis existe déjà.
- La placer dans une phrase où l’exemple donné est en réalité le seul élément important.
- La confondre avec et autres, qui obéit à une logique différente.
- Ajouter une lourdeur inutile à une énumération déjà claire.
Le cas de et autres mérite un vrai détour. Cette tournure appelle en principe un hyperonyme, c’est-à-dire un mot plus général qui englobe les éléments cités. On écrira par exemple « des rats, des souris, des mulots et autres rongeurs », mais pas « des rats, des souris et autres souris ». Le mot final doit résumer la catégorie, pas répéter un terme déjà nommé.
La confusion entre ces deux structures est fréquente parce qu’elles ressemblent visuellement l’une à l’autre. Pourtant, elles ne jouent pas le même rôle. Entre autres signale une sélection parmi plusieurs éléments ; et autres clôt une liste en la prolongeant par une catégorie plus large. Une fois ce mécanisme compris, l’hésitation disparaît presque toujours.
Quand je choisis une autre tournure
À l’écrit, je ne garde pas automatiquement cette locution si une autre formule rend la phrase plus nette. Le bon choix dépend du ton, du degré de précision et du type de texte. Dans un article de fond, une note éditoriale ou une communication institutionnelle, je tends souvent à préférer une tournure plus explicite quand elle fait mieux le travail.
| Expression | Nuance | Quand je la préfère |
|---|---|---|
| entre autres | Parmi plusieurs éléments, sans tout lister | Quand je veux garder une ouverture dans la phrase |
| notamment | Met en relief un élément important | Quand le texte demande un ton plus soutenu ou plus serré |
| par exemple | Illustre une idée avec un cas concret | Quand je veux montrer, pas seulement signaler |
| entre autres choses | Version plus explicite de la même idée | Quand je veux un style plus soigné ou plus clair |
| et autres | Prolonge une liste par une catégorie générale | Quand la liste appelle un terme englobant juste après |
Je trouve que ce choix de formulation change beaucoup la qualité d’un texte. Entre autres reste très utile, mais il n’est pas toujours la meilleure option. Dès qu’une phrase peut être rendue plus claire sans perdre de nuance, je n’hésite pas à passer à notamment ou à par exemple. Le lecteur y gagne, et le texte respire mieux.
Ce qu’il faut retenir pour écrire juste sans alourdir la phrase
Si je devais garder une seule idée, ce serait celle-ci : cette locution sert à ouvrir une énumération, pas à la brouiller. Le bon réflexe consiste à vérifier si elle apporte une vraie précision ou si elle ne fait que rallonger la phrase. Dans le premier cas, je la garde ; dans le second, je la remplace sans hésiter.
Je recommande aussi de relire la phrase en testant mentalement trois alternatives : notamment, par exemple et entre autres choses. L’une d’elles sonne souvent mieux que la version de départ, surtout quand le texte vise un public large ou une lecture attentive. Ce petit test évite beaucoup de maladresses et suffit, la plupart du temps, à trancher vite.
Au fond, la bonne écriture de cette expression ne repose pas sur une astuce compliquée, mais sur un réflexe simple : garder le pluriel, choisir la tournure qui dit le mieux ce que l’on veut vraiment dire, et laisser la phrase rester lisible. Quand je relis un texte, je me demande toujours si la locution ajoute une vraie précision ou si elle sert juste de remplissage. Dans le premier cas, je la garde ; dans le second, je la remplace. C’est une petite décision, mais elle donne tout de suite un français plus net et plus sûr.